La mère et la soeur d'Ingrid Betancourt, Yolanda Pulecio et Astrid Betancourt ont manifesté aujourd'hui leur espoir que la guérilla des FARC fasse prochainement un 'geste de réciprocité 'qui montre leur 'bonne volonté '.
Dans une entrevue à Efe à Paris, les deux femmes ont exprimé leur impression que les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC), qui ont kidnappé Ingrid Betancourt en février 2002, ont perçu 'de manière positive 'la libération de celui qui est considéré comme leur 'chancelier ', Rodrigo Granda.
C'est pourquoi, elles attendent 'un geste de réciprocité qui montre leur bonne volonté 'et rende possible d'établir les bases pour créer 'une zone de rencontre ' qui conduise à un 'accord humanitaire 'et à la libération des otages, a indiqué Astrid Betancourt.
Elle a affirmé que dans cette perspective, la libération il y a quatre jours de Granda, qui se trouve maintenant à Cuba avec l'approbation de Bogota, est 'très importante ' et elle a indiqué que cela a été possible parce qu'en ce moment 'on s'est trouvé dans les circonstances 'adéquates.
Tant la soeur que la mère de l'ex candidate à la Présidence de Colombie ont indiqué que la proposition de libération de Granda a été faite par l'émissaire français, la même personne qui faisait partie de la précédente équipe gouvernementale de France.
'La France a toujours montré une solidarité énorme et un grand engagement', a affirmé Yolanda Pulecio, qui a assisté aujourd'hui à un concert de solidarité avec Ingrid Betancourt au Théâtre Elysée Montmartre de Paris, à l'occasion de la Fête de la Musique.
La seule différence est qu'auparavant, avec l'ex président français Jacques Chirac, cela se faisait de manière discrète, et maintenant, avec son successeur, Nicolas Sarkozy, on communique plus à la presse, a indiqué Astrid Betancourt.
Ces efforts diplomatiques de la France, ainsi que ceux de la Suisse et de l'Espagne, sans oublier la mobilisation médiatique qui ont fait d'Ingrid Betancourt le 'symbole ' des kidnappés en Colombie, ' c'est ce qui la maintient vivante et ce qui nous permet de respirer ', a ajouté sa mère.
Avec une voix défaite par la peine - car fort souvent 'cela a été très dur ', Yolanda Pulecio s'est montrée indignée par les insinuations récentes de l'ex mari et père des deux enfants d'Ingrid Betancourt, Fabrice Delloye, parues dans la presse française, qui suggérait que sa fille pourrait être morte, quelque chose qu'elle a qualifié de 'bobadas ' (fadaises).
Bien qu'on n'aie reçu aucune preuve de vie depuis quatre années, Yolanda Pulecio considère comme crédible le policier John Frank Pinchao, qui s'est récemment échappé après être resté presque neuf années kidnappé par les FARC et qui a affirmé qu'il a été détenu avec Ingrid Betancourt.
Après lui avoir parlé, Yolanda Pulecio considère qu'il a donné beaucoup de détails concernant sa fille, qui correspondent avec sa personnalité, comme 'elle parlait beaucoup avec les autres kidnappés', 'elle lisait et écrivait beaucoup et faisait de la gymnastique tous les jours '.
Savoir que sa fille écoute dans la forêt les messages qu'elle lui envoie tous les jours à travers la radio a causé une grande émotion à Yolanda.
Yolanda Pulecio, qui espère pouvoir rencontrer avant dimanche prochain des hauts responsables au Ministère français des Affaires Etrangères ou à l'Elysée, a déclaré que ' cela lui coûte beaucoup ' de sortir de Colombie parce qu'elle veut être le plus près possible de sa fille et être là ' au moment où ils la libéreront'.
Dianche prochain, elle doit se rendre à Londres avec neuf autres membres d'une délégation de personnalités colombiennes qui vont se réunir avec l'ONG "Justice par la Colombie", afin d'exposer la situation dans leur pays, qui est plongé dans la guerre depuis plus de quarante ans".