Ces propositions, sur lesquelles M. Sarkozy a refusé de donner des détails, concernent des alternatives à une "zone démilitarisée" exigée par les Forces révolutionnaires de Colombie (FARC) et toujours refusée par M. Uribe.
"La zone démilitarisée, ce ne sera pas possible, mais entre le refus d'une zone démilitarisée et rien, il y a quantité de propositions que nous avons faites", a fait valoir M. Sarkozy lors d'une conférence de presse, après s'être entretenu dans la journée avec M. Uribe.
Il a expliqué qu'il "ne pouvait pas le dire en public". Mais "entre le tout et le rien, il y a beaucoup d'initiatives qu'on peut prendre et sur la base desquelles on peut réfléchir".
M. Uribe, qui a bâti sa popularité sur une politique de fermeté, a été mardi catégorique: "Nous ne pouvons pas accepter une zone démilitarisée", a-t-il dit à la presse à l'issue de son entretien avec M. Sarkozy.
Le président français a souligné "comprendre" le refus de M. Uribe: "C'est une question de souveraineté: s'il accepte la démilitarisation c'est qu'il accepte d'abandonner la souveraineté sur une partie de la Colombie", a-t-il dit, ajoutant: "Mais on peut avancer dans d'autres sens, avec d'autres idées".
Nicolas Sarkozy avait annoncé lundi que le chef de l'Etat vénézuélien, Hugo Chavez, médiateur dans ce dossier avec l'accord de M. Uribe, se rendrait en France en novembre pour discuter des otages.
Il avait montré l'importance qu'il accordait à cette affaire en déjeunant dimanche à New York, dès son arrivée, avec Mélanie Delloye, la fille d'Ingrid Betancourt.
Le président vénézuélien a franchi la semaine dernière un premier obstacle dans sa médiation pour la libération des otages en obtenant, avec l'accord de M. Uribe, une première rencontre le 8 octobre au Venezuela avec un dirigeant du mouvement rebelle colombien.
Le gouvernement colombien a toutefois précisé qu'il ne pourrait garantir la sécurité de l'émissaire des FARC, notamment pour le numéro deux, Raul Reyes, pressenti pour cette mission.
L'initiative de M. Chavez tombe d'autant plus à pic que les efforts du président français n'ont pas suffi jusqu'à présent, malgré son volontarisme, à débloquer la situation.
M. Sarkozy avait réussi à convaincre début juin M. Uribe de libérer un haut responsable des FARC, Rodrigo Granda, dans le but de faciliter un accord sur les otages. Mais cette libération n'avait été suivie d'aucun geste des FARC.
"On a eu beaucoup de déceptions ces derniers mois et en même temps on ne renonce pas", a dit mardi M. Sarkozy. "On se battra et on la ramènera. Tant qu'on n'a pas prouvé qu'elle n'est plus de ce monde, je continuerai à me battre". Il a jugé que "le seul fait que Hugo Chavez y croit lui aussi, c'est aussi un témoignage".
Les relations de la France avec M. Uribe ont longtemps été difficiles, notamment en raison de son insistance sur une éventuelle libération des otages par la force, alors que Paris s'y est toujours déclaré fermement opposé.
Il avait toutefois révélé début juillet qu'il s'était engagé auprès de M. Sarkozy à l'informer préalablement en cas d'opération militaire pour libérer les otages.
Ingrid Betancourt, candidate des Verts à la présidentielle en Colombie, avait été enlevée le 23 février 2002.


